Houston, we have a backup
Threat model
Parmi toutes les données que vous possédez, êtes-vous sûr que toutes ont la même valeur ? Si vous perdiez demain l’historique de votre navigateur ou un email reçu il y a 6 ans, éprrouvriez-vous le même stress que si vous perdiez les photos de votre mariage ou la vidéo de la naissance de votre enfant ?


Vous avez compris l’idée, quand on parle de sauvegarde de données, il faut déterminer l’importance que celles-ci ont pour vous. Vous devez y réfléchir afin de savoir quelles actions vous mettrez en place, comme vous le faites pour vos contrats d’assurance.
Il faudra aussi prendre en compte le caractère privé de vos données : que Google ait en sa possession les sauvegardes de votre jeu préféré ne pose probablement pas le même problème que si il s’agit de vos documents de santé ou vos fiches de paie.
Mais attention, nous n’avons pas tous la même conception de ce qui est important ou pas. Ce qui pour moi est sans intérêt a peut-être pour vous énormément d’importance.
Enfin, cette balance entre superflu et important vous permettra de déterminer la fréquence de vos sauvegarde. Ce vieux dossier auquel je ne touche presque jamais pourra n’être sauvegardé qu’une fois tous les six mois, alors que je souhaiterai probablement sauvegarder mon dossier de travail quotidien tous les jours, voie plusieurs fois par jour.
Home, sweet home
On dit qu’il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Ce conseil populaire s’applique à vos sauvegardes. Si vous sauvegardez toutes vos données sur un seul et unique support, un disque dur externe par exemple, et que celui-ci ne fonctionne pas le jour où vous en aurez vraiment besoin, vous aurez tout perdu. Et même si il existe parfois des moyens de récupérer des données sur un support récalcitrant, ça ne marche pas à tous les coups, et vous voudrez certainement éviter de prendre ce risque.


Et si je mettais mes données sur deux disques externes ? Peu de chance qu’ils tombent tous les deux en panne au même moment, non ? C’est vrai, et vous pourriez même en prendre trois ou quatre. Mais cela deviendrait compliqué à gérer. Vous devriez alors vous assurer que tous les disques contiennent toujours les mêmes données. A chaque fois que vous souhaiteriez sauvegarder un fichier, il faudrait le copier sur tous les supports. Si il s’agit de grandes quantités de données, cela prendra beaucoup de temps. Et si en plus, vous souhaitez le faire très régulièrement, ça devient ingérable.
Enfin, ça ne vous prémunirait pas contre les accidents : si votre maison brûle ou est inondée, vous perdez tous vos disques.
Nuage nuage
On peut aussi opter pour une solution dans le Cloud, à savoir hors de chez soi, sur Internet. On utilisera alors les services d’une entreprise, comme Google (Google Drive), Apple (iCloud), Microsoft (OneDrive), ou autre (Dropbox, KDrive, PCloud, etc.).


L’idée est simple : tout ce que vous sauvegardez se retrouve dans des data-centers. Et cela a plusieurs avantages. D’abord en terme de résilience aux accidents : quand vous uploadez un fichier sur un service Cloud, le prestataire, qui n’est pas à l’abri des accidents, effectue des copies de vos données, et les stocke dans plusieurs data-centers, parfois même dans des data-centers répartis sur plusieurs continents.
Vous avez aussi l’avantage de la disponibilité. Vos données sont accessibles tout le temps, de partout et depuis presque n’importe quel appareil, tant que vous disposez d’une connexion internet et de vos identifiants. Cela permet aussi de partager tout ou partie de vos données facilement.
Enfin, vous bénéficiez de solutions de synchronisation des données entre plusieurs appareils, ce qui est très pratique. Les photos que vous prenez avec votre smartphone sont automatiquement sauvegardées et possiblement disponibles sur votre ordinateur (et potentiellement d’autres appareils) quand vous rentrez chez vous.
Il y a cependant deux inconvénients majeurs. D’une part, la sécurité : vos données sont sur des serveurs qui ne vous appartiennent pas et que vous ne contrôlez pas. Ces derniers peuvent faire l’objet d’attaques informatiques de grande ampleur et vos données peuvent alors éventuellement fuiter. De plus, ces services ont un coût. Ils proposent généralement une offre gratuite, mais celle-ci est limitée en terme de capacité de stockage. Si vous souhaitez disposer de plusieurs To d’espace disponible, il faut sortir la carte bleue, et payer jusqu’à 10 ou 15€ par mois.
Pris dans le NAS
Vous pouvez aussi opter pour un NAS. Un NAS, c’est en quelque sorte un mini-cloud à la maison. Il se présente sous la forme d’un boîtier, dans lequel vous mettez des disques durs, et que vous branchez à votre box internet ou votre routeur.


En l’équipant de plusieurs disques durs, vous pouvez assurer la redondance de vos données : elles sont sur plusieurs disques en même temps, si bien que si l’un d’entre eux rend l’âme, vous ne perdez pas vos données.
Vous avez aussi la possibilité d’y accéder depuis l’extérieur et donc de retrouver vos données sur n’importe quel appareil tant que vous avez une connexion internet. Cela permet donc aussi de partager facilement tout ou partie de vos données. Mais attention, cette fonctionnalité ouvre une porte sur votre réseau personnel, il faudra bien faire attention à paramétrer correctement les choses en terme de sécurité.
Enfin, vous pouvez mettre en place facilement une solution de synchronisation entre vos différents appareils (ordinateur portable, tablette, smartphone, etc.) et le NAS.
Mais cette solution a elle aussi des inconvénients. D’une, vous retombez sur le problème de l’accident : si votre maison brûle, vous perdez le NAS et les données qu’il contient avec. D’autre part, c’est un investissement financier majeur. Un petit NAS avec deux disques de 4To vous revient à environ 600€ à l’heure où j’écris ces lignes.
Tableau périodique
Faire des sauvegardes, c’est bien. En faire régulièrement, c’est mieux. Le souci, c’est que vous ne pourrez probablement pas vous tenir à un plan de sauvegarde manuelle. Vous sauvegarderez toutes les semaines, puis vous en manquerez quelques unes à cause de vos vacances ou d’un imprévu, vous penserez avoir bien fait une sauvegarde ce week-end sans que ça ait été réellement le cas, vous serez persuadé d’avoir stocké telle sauvegarde sur tel support alors que vous l’aurez enregistrée sur un autre, etc.

Il va falloir automatiser tout ça. Heureusement, il existe des outils logiciels pour ça, dont certains sont très facile à utiliser. Vous choisissez quels fichiers ou dossiers doivent être sauvegardés, sur quel support, et à quel moment. Par exemple, « sauvegarde sur ma Dropbox le dossier « Université » tous les dimanche à 5h du matin ». Vous pouvez bien sûr créer plusieurs scénarios de sauvegarde, par exemple un par importance.